Mes 10 jours de méditation Vipassana

 

 

Suite à mon voyage au Pérou, j’ai voulu continuer le nettoyage qui avait commencé. Chloé, qui faisait partie de cette aventure, m’avait renseigné sur la méditation Vitapassana à Dielsem-Stockem, établit par SN Goenka.

 

Voici mon journal de bord de cette expérience....

 

J0

Arrivée dans l’après-midi, dans un centre situé non loin de la Hollande. Je dois remettre mon téléphone et compléter un questionnaire pour déterminer avec quel bagage j'arrive et bien me faire comprendre que, tout ça, j'oublie pour le séjour. Nous partageons tous un repas et profitons du jardin.

À ce stade-ci, hommes et femmes peuvent se croiser et discuter librement.

 

Première méditation du soir, les instructions sont données, pas d’échange de regards, pas de yoga, pas de note, pas un mot. Retour à la chambre que nous partageons à 8 filles. En face, une feuille pour réserver les moments douche.

 

J1

4 h du matin, tout le monde debout. Méditation dans le hall de 4 h 30 à 6 h 30.

Un cours est diffusé sur une vidéo. Goenka, explique et donne des exemples... Il récite des mantras auprès de sa femme assoupie.

Très vite nous sommes plongés dans le silence. La méditation consiste jusqu’ici à observer le contact de la lèvre supérieure avec l’air durant l’inspire et l’expire.

 

6 h 30 : Petit-déjeuner. À 8 h, c’est reparti pour 3 heures de méditation.

En résumé : 1er jour facile, nuit difficile, pas de sommeil, mental activé, ma vie intérieure est pleine de blabla. Mon corps ne voulant étonnamment pas des repas épicés, je me retrouve à manger deux pommes par jour.

 

J2

Nous passons à l’observation en spirale de chaque cm de la surface de notre corps... Je commence à prévoir les exercices à venir, j’anticipe et prends de l’avance par facilité. Le mental s’obscurcit doucement jusqu’au soir, où dans le dortoir, chacune pleure de son côté...

 

J3

Et c'est parti pour un lot d’absurdités qui traverse mon esprit, le non-sens, les phrases qui ne veulent rien dire surgissent. Ça en devient drôle, les sourires pointent. Au cours d’une séance de méditation, j’éclate de rire avec une voisine au son d’un mantra répété depuis le début, je sors du Hall.

 

J4

Je sens mon énergie, mon monde intérieur grandir. Doucement, les blessures sortent et font mal, je les guéris en méditant, avec ma conscience.

 

J5

Douleur physique intense, immense. Comme si mon corps ne pouvait supporter cette surcharge de stimuli. Je reste assise, mais qu’est-ce que c’est dur ! J’ai l’impression d’être comme un nouveau-né avec tellement de sensations physiques en même temps que ça en devient mortel.

L’énergie circule, de plus en plus, le sourire m’accompagne.

 

J6

Je continue à observer l’énergie qui me nettoie toujours plus. Au pied de mon lit, je découvre un mot sous une latte de parquet : « Médite ».

Un contact se fait avec ma voisine de lit, je loupe la séance de méditation du matin pour dormir. Le temps de m’écouter est venu. Une autre fille dans le dortoir ne s’est pas réveillée non plus. C’est celle avec qui j’avais partagé un fou rire. Elle se lève et s’exclame « Zut, qu’est que j’ai raté ? » Je réponds sans réfléchir : « Méditer ». Elle rigole.

 

J7

J’avoue, du yoga, j’en ai fait même si cela nous était interdit... L’énergie est de plus en plus intense et bientôt je prends une pause au pied d’un arbre pour méditer. Je sens la kundalini monter en moi. Mes yeux s’ouvrent et tombent pile-poil dans les yeux d’un visage gravé dans l’arbre en face de moi. Je ne l’avais pas remarqué avant ! Je suis éveillée.

 

Je rejoins le Hall pour les prochaines heures de méditation. Chacune est ensuite invitée auprès du Teacher, une femme très sérieuse, qui s'assure que l'on comprend bien les enseignements.

C’est le moment. Je lui dis « Merci pour tout, je dois y aller. » Prise de court, elle m’invite à venir la voir plus tard. Je prépare toutes mes affaires et j’attends. Le soir arrive.

 

Quand je suis enfin reçue, elle tente de me dissuader. Ce n’est plus possible, je sais qui je suis, où je dois être...

Enfin, juste avant minuit, un taximan et sa copine me ramènent chez moi. Je retrouve mon copain de l’époque. Tout est entre mes mains. Observer, observer… C’est la clé pour dénouer tous les blocages.

 

J8 et 9 se poursuivent dans le sourire chez moi, auprès de mon chat.

 

J10 je continue la présence et l’observation là ou je vais et avec qui je suis.

 

Depuis, chaque année, je réitère 10 jours de retraite dans le silence accompagné d’un jeûne.

 

Continuer le travail de nettoyage mental et être plus dans mon cœur, proche de mon intuition, m’accompagnent tous les jours.

 

Aux femmes qui ont accompagné cette expérience de présence et d'amour.

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